Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion de découvrir, en avant-première, un livre du psychiatre québécois Serge Marquis : Le jour où je me suis aimé pour de vrai (qui sortira au format poche le 16 Mai prochain). Fan de lecture et de développement personnel, j’ai dévoré le roman ! A peine la dernière page refermée, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite de vous parler de l’ego, cet aspect du mental (au cœur du roman) qui  nous empêche de vivre, d’être nous-mêmes et complètement épanouies. Pour mieux illustrer mes propos, j’ai agrémenté l’article avec des passages du livre. 😉

le jour où je me suis aimé pour de vrai les petits plaisirs de la vie

C’est quoi l’ego ?

En psychologie, l’ego est la conscience, la représentation que l’on a de nous-mêmes. Issu du latin « ego » qui signifie « je-moi », c’est le fondement de notre personnalité.

En revanche, en développement personnel et en spiritualité, l’ego est perçu comme une fausse représentation de soi-même, construite sur un ensemble de souvenirs, de peurs, de fausses-croyances,… Cette personnalité erronée fait alors écran à la vraie nature de notre individu et constitue une entrave qui nous empêche d’atteindre une certaine forme de vérité et de profondeur.

« Les hommes croient qu’ils sont le contenu de leurs idées – des mots, des images -, et s’attachent à elles. Ils se disputent pour les protéger et les imposer. Ils se comportent comme s’ils essayaient d’empêcher la neige de fondre au printemps. Devenir intelligent, c’est apprendre à vivre en permanence avec le printemps dans sa tête. […] On appelle cela « la vigilance ». Apprendre à distinguer les pensées pleines de « moi, moi, moi » de celles qui ne le sont pas. On fait ça comment ? En les observant. […] On voit alors passer tous les « mon », « ma », « mien », et on les regarde : « est-ce moi, ça ? ». On voit aussi les jugements, les critiques, les blâmes. On se demande : « En quoi cette pensée m’est-elle utile ? », et on la laisse fondre si on estime qu’elle ne l’est pas. La vigilance, c’est un soleil dans notre tête. »

Quand l’ego prend le dessus…

C’est la catastrophe. Non, je rigole. (pas tant que ça en fait). Lorsque l’ego régit la personnalité, il enchaîne dans des schémas de souffrance. Les peurs, les souvenirs douloureux, les blessures non-guéries et les fausses croyances alimentent notre fausse personnalité. On fait alors preuve d’orgueil, de fierté (en réalité, une fausse-fierté), de froideur, et l’on finit par se fermer à notre vrai moi, notre nature profonde.

L’ego entraîne également un attachement fort au « je » sur lequel se construit un noyau de personnalité issu d’habitudes. « Je suis une mauvaise cuisinière », « je suis timide »,… Il empêche de réaliser que nous sommes simplement le fruit de qui nous souhaitons être : bonne, mauvaise, nulle, douée, working girl, pilote, extravertie, amoureuse et surtout heureuse.

« Crois-tu que les fleurs sont animées par le besoin de se distinguer chacune sous la forme d’un « je » ? Elles sont fleurs, un point c’est tout. Elles offrent leur pollen aux abeilles sans qu’il n’y ait de petit « je » qui supplie : « Prenez le mien, il est supérieur à celui de la voisine. » Elles sont reliées à tout ce qui les entoure au moyen de leurs couleurs, de leur parfum. Et c’est ce qui permet à la vie de se prolonger à travers elles, grâce au vent, aux insectes. Il n’y a que l’être humain qui associe le sentiment d’exister à un « je ». […] Le « je » est arrivé bien après l’apparition de la vie. Et aujourd’hui, il  la détruit afin de préserver les pelures identitaires auxquelles il s’identifie. Il faut se le répéter, le « je » n’est pas indispensable à l’être. C’est la prise de conscience que nous sommes appelés à faire et à refaire tout au long de notre existence. »

« Il craint d’avoir un gros ego comme d’autres craignent d’avoir le cancer. Il y voit quelque chose de monstrueux. Il a raison d’ailleurs. L’ego peut devenir le cancer de la conscience. Il fait souvent plus que tuer : il empêche les vivants de vivre. En s’emparant de leur attention, il les empêche d’être disponible à ce que les sens perçoivent. Le chant de la grive, l’odeur du cèdre ou la douceur de l’amande… »

ego pensées mental libérer
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L’issue : être amour

Aussi léger que cela puisse paraître, la grande parade à l’ego c’est bien l’amour ! Être amour. Commencer à éprouver de l’amour pour soi et pour les autres (oui cela peut être dur pour celles qui ne l’ont jamais fait). Courage, vous verrez, le résultat est magique !

Pour déconstruire l’ensemble des constructions mentales, on peut aussi se faire aider par un professionnel : psychologue, psychothérapeute, sophrologue,… Ce dernier nous aidera à mieux nous connaître, à révéler la source de cette croyance à laquelle on s’est tant accrochée et identifiée.

Selon Matthieu Ricard, bouddhiste et auteur de nombreux ouvrages de développement personnel, l’ego entraînerait « une incapacité à discerner les comportements qui permettent de trouver le bonheur et d’éviter la souffrance. »

Le premier pas est donc de prendre conscience que l’ego régit une grande partie de nos comportements. Ensuite, on peut commencer à changer et à s’aimer telle que l’on est, avec nos contradictions, nos envies, nos désirs, nos rêves. Le but ? Être soi, se reconnecter à sa vraie personnalité. Celle que l’on avait quand on est arrivé au monde, avant l’éducation, les épisodes douloureux et les barrières érigées.

« Et l’amour a probablement aidé plus de personnes à guérir, au cours de l’histoire, que ne l’a fait la médecine. L’amour soigne la peur. »

« Il n’y a pas d’âge pour être branché sur sa capacité d’aimer. »

« – Cher docteur, comment pourrais-je expliquer à mon fils ce que signifie avoir un gros ego ?
– Tu pourrais lui dire que l’ego, c’est la personne dans sa tête qu’on pense être. Et qu’il grossit au fur et à mesure que celui qu’on pense être croit avoir toujours raison et s’imagine supérieur aux autres. Tu pourrais aussi lui dire que le « qui » on pense être n’a jamais rien à voir avec ce que l’on est en réalité. Jamais !
– Et comment fait-on pour savoir qui on est en réalité ?
– On va en thérapie. »

« L’ego s’offusque, l’intelligence s’indigne. L’ego se ferme, l’intelligence observe. L’ego résiste, l’intelligence écoute. L’ego se défend, l’intelligence partage. L’ego envie, l’intelligence se réjouit. L’ego veut, l’intelligence donne. L’ego frappe, l’intelligence éduque. L’ego se sent humilié, l’intelligence compatit. L’ego hait, l’intelligence aime. L’ego lance des cailloux, l’intelligence soigne les blessures. »

« Aujourd’hui, je sais ce que veut dire l’expression « s’aimer soi-même ». C’est quand il n’y a plus de « je » aux prises avec des tourments, du mépris, la peur de disparaître ou d’être oublié. »

« L’ego n’a pas à mourir. On n’a pas à se battre contre lui. Il suffit de l’éclairer de l’intérieur pour qu’il s’efface. De l’éclairer depuis la lumière du cœur. »

Extraits choisis de Le jour où je me suis aimé pour de vrai

Durant mes lectures, j’adore sélectionner les passages qui me marquent, qui font écho en moi, que je trouve riches de sens. Alors, envoici quelques-uns pour ce livre-ci ! 🙂

« L’attention ne peut se porter à deux endroits en même temps. C’est pourtant d’une telle évidence ! On ne peut pas voir ou entendre la personne devant soi quand l’attention est branchée sur la prise de courant neuronale reliée au « moi, moi, moi » ! Tout gravite alors autour de sa propre personne. Les mots, les images, tout ! La solution est simple, mais tellement difficile à appliquer : ramener toute son attention sur la personne qu’on a en face de soi. »

« Il y a des personnes âgées qui n’identifient plus leurs enfants. C’est une maladie. Leurs enfants, même s’ils sont adultes, en souffrent. Ils ont mal parce qu’ils ont l’impression d’avoir perdu quelqu’un, c’est normal. Mais ils souffrent aussi parce qu’ils ne se sentent plus spéciaux. Ils oublient qu’ils n’ont pas perdu leur capacité d’aimer. Et qu’ils peuvent encore s’asseoir à côté de la personne qui ne les reconnaît plus. Et l’aimer en silence. Comme on aimerait quelqu’un qui dort. Et de qui on n’attendrait rien. »

« Je souhaite que le jour où je ne verrais plus les étoiles, je sois encore capable de les sentir, comme là, maintenant, les yeux fermés.  […] Charlot a trouvé ce que cherchent bien des adultes qui suivent des thérapies pendant des années. Après avoir dépensé une fortune en temps et en argent, ils ne savent toujours pas qu’il suffit de fermer les yeux et de sentir en soi le mouvement des étoiles. Ou d’entendre leur murmure. »

« Il ne faut pas que tu aies tout le temps envie d’être aimé. Il faut juste que tu saches que tu es tout le temps capable d’aimer. Et que tu t’en souviennes toujours. »

« On ne voit plus assez les étoiles dans les villes. Il y a trop de pollution lumineuse. Les étoiles nous rappellent à la fois d’où nous venons et ce que nous sommes. Quand on ne les voit plus, on oublie notre statut de poussière. »

« On viendra à bout des cellules malignes un jour. Le génie humain y parviendra. On n’en est pas encore là, mais on ne mourra plus du cancer. On mourra de ne pas avoir vécu. On mourra d’amertume, de mépris et d’indifférence. On mourra de ce qui a tué Hamid. Les cailloux et les injures lancés pour sentir qu’on est quelqu’un et la déception de ne pas l’avoir été. On mourra de regrets et de remords. On mourra d’avoir trop voulu, ou d’avoir voulu trop. On mourra de se rendre compte qu’on n’a pas suffisamment aimé pendant qu’on passait sa vie à chercher l’amour. Vouloir être aimé plutôt que d’aimer. »

« Le problème n’est pas la croyance, le problème est l’identification à la croyance. La folie commence le jour où la croyance devient une identité. Et qu’une attaque à la croyance est perçue comme une menace envers l’ego.
C’est l’ignorance qui s’invente des croyances.
On a cru que la Terre était plate et on brûlait ceux qui affirmaient qu’elle était ronde.
On a cru que le tonnerre était un cri de Dieu et on exécutait ceux qui osaient en douter.
On a cru que des démons crachaient leur feu par la gorge des volcans et on y jetait des vierges pour les apaiser. […]
Le problème n’est pas le rêve, c’est l’identification au rêve.
J’ai fait beaucoup d’ego-thérapie dans ma vie.
J’ai cru à l’existence du moi parce que je ne comprenais pas la véritable nature de l’esprit humain. Comme jadis on ne comprenait pas le tonnerre ou les volcans. J’ignorais qu’il existait autre chose…
Je n’avais pas vu que l’ego est encore une autre invention des hommes pour apaiser la peur du vide, du néant, du sentiment de ne pas exister. De l’absurdité. Je ne savais pas qu’on pouvait exister, à chaque instant, en laissant l’ego céder sa place à la Présence. Et qu’il suffit d’une seconde de Présence, pas plus, pour que le simple bain d’un oiseau dans une flaque d’eau fasse disparaître l’absurdité du monde. »

« La majorité des êtres humains ignorent ce que signifie l’expression « se connaître ». On en parle depuis des millénaires, mais on ne cherche pas dans la bonne direction. On regarde du côté des rêves à réaliser, des désirs à satisfaire, du besoin de réussir, alors qu’il suffit de découvrir ce que veut dire « être là ». Une présence à tout ce qui se passe en nous et autour de nous. Plus particulièrement à ces pensées qui nous polluent et mobilisent toute notre attention. […] Il faut s’observer. C’est aussi une façon d’être dans le présent ! Ressentir ce qui nous traverse le corps, que ce soit agréable ou pas. Etre attentif à la vérité. »

« Ils ne comprennent pas qu’aimer, c’est d’abord et avant tout être libre de toute attache ; ne plus être prisonnier du besoin de gagner. […] Tout peut être donné si on est libre. C’est-à-dire libéré de nos liens. [..] C’est l’ego qui s’attache. A tout et n’importe quoi. Et il nous amène à confondre être attaché et aimer. »

« Ce n’est pas en continuant à habiter le monde de l’ego que l’on va régler les problèmes que nous avons créés, c’est en le quittant ! Le monde de l’ego a fait son temps ! Il faut maintenant entrer dans l’autre monde : celui de la Présence. Nous devons passer de la boule agitée à celle qui est vide et apaisée. De la tête pleine de pensées à la tête pleine de silence. Savez-vous que chez les bouddhistes, on utilise une boule de verre vide pour symboliser un esprit parfaitement clair, libéré des frasques de l’ego, un esprit capable de recevoir, d’accueillir et de transmettre ? Nous avons atteint l’état d’urgence, nous devons cesser de renforcer l’ego, il est l’heure de libérer les esprits. Notre mission est d’aider le plus grande nombre de personnes à sortir de l’esclavage de l’ego. Il faut prévoir une évacuation d’urgence et universelle. »

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