Comme vous avez dû surement le voir sur Facebook ou Instagram, je suis allée vendredi dernier au Forum des Entrepreneurs organisé par l’UPE13 (Union Pour les Entreprises des Bouches-du-Rhônes). Il s’agit d’une journée de réflexion sur un thème choisi au regard du monde du travail, de l’entreprise et de l’entrepreneuriat à travers divers ateliers et conférences.

Je me suis intéressée à ce forum car cette année le fil rouge était « le sens » ! Le sens du travail en lui-même, le sens du travail dans sa vie, le sens d’entreprendre. C’est un sujet qui me questionne beaucoup, me passionne et que je trouve essentiel à aborder.

forum des entrepreneurs 2017 : donner du sens à son travail

Suite à cette journée au Forum des entrepreneurs que j’ai partagée avec ma mère (sophrologue Caycedienne & coach), voici une réflexion qui vous permettra de donner un peu plus de sens à votre travail.

Taylorisme et bien-être au travail

J’ai commencé la journée par un atelier fort intéressant auquel j’étais inscrite. Danièle LINHART, sociologue et directrice de recherches au CNRS, nous y expliquait que notre société de travail actuelle était en pleine continuité du Taylorisme. En effet, l’individualisation des tâches est toujours de rigueur avec une hiérarchisation au sein des entreprises bien définie : salariés VS direction. La volonté des directions est toujours de déposséder les salariés de leur savoir : leur valeur. Comme le dit si bien la philosophie Taylorienne : “le savoir, c’est du pouvoir”.

Or, à travers ses nombreuses recherches, Danièle LINHART observe que les salariés ne sont pas heureux au travail, qu’il n’y trouvent pas de sens et que leur mal-être va grandissant. Dans notre société où le souci du bien-être des salariés est au cœur des préoccupations, quel est alors le problème fondamental ?

Le voici : Les professionnels (les salariés) sont obligés de travailler selon des règles d’efficacité, de rentabilité et d’objectifs décidées par les directions. Les salariés, contraints de suivre des protocoles pensés de façon abstraite, développent de la méfiance envers les directions et doivent construire de façon permanente de nouveaux repères.

Cette manière de fonctionner induit bien évidemment du mal-être chez les salariés qui ne trouvent pas de sens à leur travail. Malheureusement, les séminaires de bien-être et toutes autres améliorations du cadre de travail (salle de détente, babyfoot, coaching d’entreprise,…) ne sont pas utiles. Car le fond du problème vient du fait de ne pas pouvoir penser et réaliser son travail de façon personnelle.

Les directions et les services du personnel cherchent à être bienveillants. Or, étymologiquement, bienveillance vient de “bénévolence” en latin qui signifie “vouloir le bien de l’autre”. Mais est-ce que le bien que je décide est vraiment bon pour l’autre ? As-t-il besoin de ce bien ? La bienveillance ne devrait-elle pas être simplement d’accorder à l’autre l’espace d’être lui ?

Aider ses employés à donner du sens à leur travail et à être heureux ne passe pas par s’occuper de leur bien-être, cela passe par leur donner les clés des modalités et des objectifs de leur travail ! Car la vraie responsabilité n’est pas de prendre en charge leur état d’esprit, mais d’établir avec eux assez de confiance pour les laisser choisir une manière de travailler qui leur correspond.

Je travaille donc je suis

Ramid ISSAAD, coach et formateur en management nous dit qu’il faut différencier le travail de soi, ne pas s’identifier à lui. En effet, je ne suis pas moi-même car je fais ce travail, je fais ce travail car je suis moi-même. Le travail ne me définit pas, c’est moi (mon caractère, ma personnalité, mes goûts) qui définit mon travail. Il s’agit donc plutôt de remodeler le titre de mon paragraphe “je travaille donc je suis” en “je suis donc je travaille” !

Il est d’ailleurs très important de faire ce que l’on aime, d’être intéressé par son travail. Il est même encore mieux d’être passionné par celui-ci. En revanche, lorsque l’on est absorbé par le travail (mélange vie privé / vie professionnelle), la limite est dépassée. Et c’est dans ce genre de situation que l’on peut déclencher un burn-out…

Elsa GODART, docteur en philosophie et en psychologie, nous explique d’ailleurs la dualité du travail et l’équilibre à trouver. Car de par son étymologie, le travail renvoie au labeur, à la torture (tripalium en latin = instrument de torture) et se présente donc comme une contrainte. Mais il est également vital pour se réaliser. C’est ce que nous allons voir dans cette dernière et troisième partie.

Le travail, lieu de création d’une oeuvre

Selon Elsa GODART, le travail, dans sa nécessité, doit-être vu comme un lieu de la réalisation de soi, d’exigence de reconnaissance, de libération, de création, d’action, de bienveillance (pas d’indifférence) et de jouissance ! Il est en réalité l’expression de la création d’une oeuvre. Car l’oeuvre dure alors que le travail est éphémère.

On ne parle pas ici d’oeuvre forcément artistique. Créer une oeuvre c’est aussi bâtir une maison, écrire un livre, travailler la terre, etc. Il faut construire quelque chose. Et cela donne du sens à son travail. Mais la question première reste la passion.  On ne peut pas faire l’économie de ne pas faire quelque chose que l’on aime.

Pour donner du sens à son travail, il faut donc être capable :

1) d’identifier ce que l’on aime faire dans la vie (ce qui fait sens)

2) de se donner les moyens de le réaliser (malgré l’envie d’y renoncer, les passages difficiles, les critiques)

3) de s’autoriser à le faire

4) et d’avoir le courage de l’entreprendre !

Et vous, quel travail faites-vous et quel sens lui donnez vous ? 🙂

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