Je me pose une question depuis longtemps face à l’engouement autour du running, du trail et de l’ultra-trail. Pourquoi les gens courent-ils ? Pourquoi autant ? 40km, puis 60km, puis 100km… Et pourquoi courir toujours plus ? Je tente de comprendre. Et ce n’est pas seulement dans le sport que frappe la course du “toujours plus”. Nous faisons la même chose avec nos carrières, nos revenus, nos maisons, nos modes de vie, nos loisirs, notre épanouissement…
Quête de sens, de reconnaissance ou d’adrénaline ? Simple plaisir de courir ? Envie de dépasser ses limites ? Exploration. 🔎
NB : Avant toute chose, je précise que je ne suis pas « anti-trail » et que, dans cet article, je ne dis pas que les personnes qui pratiquent le running, le trail ou l’ultra-trail ont un problème ou une blessure psychologique. J’explore simplement des éléments de réponse. 💛

1. Le plaisir de courir
Tout d’abord, pour beaucoup, courir est avant tout une recherche de plaisirs :
– être dehors (c’est génial, je ne vais pas dire le contraire 🤩)
– sentir son corps bouger
– avoir une sensation de liberté
– se vider la tête (méditer fonctionne aussi très bien et permet, en sus, d’apprendre à calmer ses pensées sur le long terme 😉)
– appartenir à une communauté
Mais une question me brûle les lèvres… Et j’ai très envie de la poser aux coureurs :
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2. Le mécanisme du « jamais assez »
Beaucoup de gens courent d’abord 10 kilomètres, puis 20 km, puis 30 km, puis un marathon. Puis 50 km, 80 km, 100 km… Suis-la seule à le remarquer ?
Mais pourquoi autant ? Et en quoi 100km est-il différent de 50 km concernant les plaisirs cités ci-dessus ?
Psychologiquement, on peut retrouver plusieurs mécanismes connus : recherche de compétences, comparaison sociale, récompense, identité personnelle, système d’objectifs progressifs (dès qu’un palier est atteint, il faut viser le suivant) ou encore reconnaissance sociale.
Il est également intéressant de se questionner sur l’origine des motivations. Il en existe deux grands types :
→ les motivations intrinsèques (l’activité est gratifiante en elle-même)
→ les motivations extrinsèques (l’activité est liée à une conséquence extérieure ou à une validation)
C’es là que le “jamais assez” ou le “toujours plus” entre en jeu.
👉 Est-ce que je cours 80km motivé par l’envie de voir jusqu’où mon corps peut m’emmener ? Ou bien pour avoir la sensation d’avoir effectué un accomplissement suffisant ?
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3. La recherche de limites
L’être humain aime les limites. Il a besoin de connaître où sont les siennes et il a également besoin de les dépasser. Lorsqu’on dépasse nos limites (le fameux dépassement de soi), on ressent une grande fierté personnelle. Cette sensation peut être très forte et très euphorisante, et donner envie de la ressentir à nouveau.
Le fait de constamment augmenter les distances et la difficulté des sorties trail/running peut donc venir du fait que dépasser une limite devient la seule manière de se sentir puissant, vivant.
C’est une course sans fin (sans jeu de mots 😜).

4. La reconnaissance
Je ne suis pas en train de dire que les coureurs et traileurs se disent « Regardez comme je suis fort, j’ai couru 80 km. » 💪 En revanche, il est indéniable que le sport permet d’obtenir des preuves très concrètes de sa valeur :
– une distance
– un chrono
– un classement
– une médaille
– une photo à l’arrivée (les deux bras en l’air sous l’arche gonflable ou en train de mordre la médaille 😄)
– une trace GPS (partagée sur Strava)
– des félicitations (en vrai et sur les réseaux sociaux)
– une communauté qui reconnaît l’effort
Dans la vie, où beaucoup d’accomplissements sont flous (être un “bon” parent, “réussir” professionnellement, être “épanoui”), le sport fournit des preuves tangibles (et donc terriblement rassurantes) : des chiffres.
Courir 42 km. Améliorer son temps de 8 minutes. Être 44ème sur 350 participants. Avoir terminé son trail en 1h48. Cela peut être très gratifiant pour quelqu’un qui a besoin de preuves concrètes et réelles de sa valeur ou de sa progression. ❤️🩹
NB : J’ai conscience que tous les coureurs/traileurs ne recherchent pas forcément cela et peuvent être simplement motivés par la recherche de défi, de plaisir, d’aventure ou de communauté.
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5. La performance
Nous vivons dans une société où même le bien-être devient une performance. Cela me choque de plus en plus mais, aujourd’hui, beaucoup de gens ne se contentent plus de faire du sport.
Sans être athlète de haut niveau, ils en viennent à optimiser leur entraînement, suivre leur sommeil (via leur montre connectée), mesurer leur VO₂ max, surveiller leur récupération, suivre leur fréquence cardiaque, calculer leurs chrono, parcourir des distances faramineuses…
Tout est calculé, mesuré, évalué, quantifié. Le sommeil est devenue une donnée et la promenade s’est transformée en “J’ai fait 20 000 pas”. 🙆♀️ C’est quand qu’on s’alarme ?
👉 Culte de la performance ? Effet de mode ? Impression de contrôle dans une société où beaucoup de libertés sont bafouées ?
Moi, j’ai une proposition : Et si tu lâchais ta montre connectée Jacqueline, pour écouter davantage ton corps, ton souffle, tes muscles et ton battement cardiaque ? 😜

6. Pourquoi ne pas ralentir ?
Bon là, je ne vais pas me faire beaucoup de copains du côté des ultra-traileurs. 😅
👉 Question à méditer : Pourquoi avons-nous autant de mal à considérer que ce que nous faisons est déjà largement suffisant ?
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7. Enfin, qui suis-je si je ne cours plus ?
Pour bon nombre de coureurs, l’activité pratiquée (running, trail, ultra-trail) fait partie intégrante de l’identité personnelle. Cela signifie que la personne se définit en partie comme “un coureur”, “un traileur”, “quelqu’un qui repousse ses limites”, etc.
À ce stade, arrêter ou ralentir peut devenir psychologiquement difficile. Cela menace une partie de l’identité.
Qui suis-je au-delà de la course ? Qui suis-je au-delà d’être un traileur ?
La frontière peut être mince avec l’addiction au sport. Pour savoir de quel côté de la frontière on se trouve, il convient de distinguer si la course est devenue une passion intense ou une pratique réellement problématique.
J’en profite pour rappeler les signes de l’addiction au sport, qui doivent alerter :
- continuer malgré des blessures importantes
- incapacité à prendre du repos
- détresse importante lorsqu’on ne peut pas s’entraîner
- priorité donnée au sport au détriment de la vie sociale, amoureuse ou familiale
- sentiment de culpabilité massif lorsqu’on ne fait pas assez
- besoin constant d’augmenter la dose
- pratique qui continue malgré des conséquences négatives (au choix : sur le corps, la santé, la vie sociale, les finances,…)
Et ce que je trouve effrayant, c’est le nombre de traileurs (hommes et femmes), que je vois sur les réseaux sociaux, et qui continuent de faire des courses malgré des blessures réalisées sur des épreuves précédentes.
Une question me taraude fortement :
Pourquoi continuer une pratique qui est délétère pour le corps ?
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Je vous laisse avec quelques pistes de réflexion sur le fait de courir
- Dans quel domaine de votre vie êtes-vous encore en train de courir ?
- Jusqu’où allez-vous comme ça ?
- En quoi votre obsession du toujours plus vous empêche simplement de vivre ?
- Dans quels espaces de votre vie pourriez-vous ralentir pour prendre davantage soin de vous ?
With love 💛
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Je m’appelle Caroline ! 🌞 Depuis 2016, j’accompagne et j’inspire celles et ceux qui aspirent à une vie plus vivante, libre et épanouissante. Thérapeute holistique, naturopathe, professeure de yoga et créatrice d’expériences transformatrices, je transmets un art de vivre solaire et sensible : se reconnecter à soi, à la Vie et réaliser ses rêves. Sur ce blog, je partage mes réflexions, mes découvertes, mes expériences pour t’inviter à inspirer, explorer et rayonner, depuis le cœur.
